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Un retable pour décrire la fragilité de l’humanité

Au moment où le musée rénové d’Unterlinden, avec sa pièce maîtresse, le retable d’Issenheim, ouvre à nouveau ses portes,
la Galerie Bettina vous propose de relire le polyptyque Naître et Mourir, de Gérard Rancinan.

A découvrir jusqu’au 15 mars.

Lorsque Gérard Rancinan met en scène la fin d’un monde régit par la culture de l’excès, il choisit un retable, pour en faire ressortir toute l’intensité dramatique. 3 panneaux construits en référence aux grandes œuvres qui ont marqué l’humanité et à travers lesquelles il délivre un message chargé de puissants symboles.

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© Naître et Mourir, 2009. 180 x 574 cm en exemplaire unique

Au centre, une croix formée par des écrans de télévision hors d’usage. C’est sur cette image, plantée dans un ciel d’orage, que s’ouvre le triptyque Naître et Mourir, réalisé en 2009. Cinq siècles le séparent du retable d’Issenheim. La vidéo-cratie a remplacé toutes les croyances. Le monde en perdition, c’est ce crash d’avion qui fige sur le bitume des lambeaux d’une civilisation vouée à la technologie.

Loin des traditions et des valeurs, un touriste en bermuda a pris la place d’un dieu qui n’a plus sa place. L’enfant de la Madone naît dans une bulle de verre. La civilisation vole en éclats dans un théâtre d’absurdités.

retable-open© Naître et Mourir, 2009. 100 x 320 cm. Édition de 3 exemplaires

Le retable se referme sur un papillon bleu. Bleu, symbole d’éternité et de pureté. Comme pour rappeler la beauté originelle du monde. L’homme, victime de ses excès, est capable de contempler la nature et d’en mesurer l’infinie fragilité. La fin d’un voyage à travers l’absurdité de la vie qui prend ici la forme d’un conte philosophique. Entre contemplation et autodestruction, l’homme est encore maître de son destin.


Galerie Bettina Von Arnim.
2, rue Bonaparte – 75006 Paris – Tél : + 33 1 46 33 72 98
Lundi-Samedi 14h/19h